Ateliers

Quand
samedi 12 septembre
Circolo Anarchico Berneri

leftove.rs: Digital Repositories and Disseminating Ephemera

leftove.rs est une archive en ligne partagée qui documente les mouvements radicaux, anti-oppressifs et ouvriers à travers les éphémères qu’ils laissent derrière eux : affiches, brochures, fanzines et matériels de campagne, retraçant des histoires de résistance par en bas.

Le projet est né d’une réflexion sur la manière de construire une archive numérique qui ne se contente pas de refléter le catalogue d’une archive, mais qui privilégie la diffusion et l’usage par rapport aux formes classiques de préservation, et qui utilise la reproductibilité et la mobilité des objets numériques pour favoriser la circulation et le libre accès plutôt que les restrictions de droits.

Dans cet atelier, nous présenterons leftove.rs : la plateforme open source avec laquelle il est construit, la façon dont il construit une archive d’archives, et nos catégories de métadonnées plus expérimentales.

L’atelier sera présenté par May Day Rooms de Londres.


Archival Practices in Community Development

(titre provisoire)

Cette contribution au programme du réseau lors de la rencontre FICEDL explore les pratiques actuelles d’un cursus universitaire orienté vers l’action communautaire à l’Université de Glasgow (Écosse). L’atelier présente les pratiques existantes au sein des cours de développement communautaire, liées à la théorie et à des études de cas approfondies, en se demandant dans quelle mesure les outils actuels permettent aux étudiant·es et aux enseignant·es de documenter de manière sincère, mais critique, les mouvements communautaires d’orientation radicale tels qu’ils se produisent aujourd’hui. Elle détaille comment, à travers des démarches collaboratives impliquant à la fois les étudiant·es et leurs communautés de lieu, d’intérêt et, le plus souvent, de pratique, nous mettons en œuvre ce que McCracken (2017) a appelé l’« archivage participatif mené par la communauté » (community driven participatory archiving) : production de fanzines, de blogs, de podcasts, d’exercices de cartographie, etc. Nous pouvons ainsi souligner les avantages des approches créatives de la documentation et de l’archivage, tout en insistant sur ces méthodes comme « un outil essentiel pour promouvoir la responsabilité et préserver les preuves des abus » (Jasper-Ikpendu et Mainga, 2024). C’est à partir de ce point de départ que l’atelier posera aux archivistes et aux autres participant·es des questions sur les possibilités d’enregistrer, d’analyser et d’archiver le développement communautaire contemporain au sein de l’enseignement supérieur, et explorera collectivement les occasions pour nos apprenant·es de porter leur travail au-delà de l’académie.

Comme le soulignait l’appel à participation, « l’intérêt pour les questions d’archivistique et celles liées à la construction de la mémoire ne cesse de croître, même en dehors des cercles strictement anarchistes ou militants » ; ainsi, alors que nous, éducateur·rices anarchistes, sommes employé·es de façon dispersée dans tout le secteur de l’éducation, il existe des occasions de pédagogies orientées vers la libération dans nos domaines. McCracken (2017) a proposé des démarches qui situent les « archives comme activisme » (Archives as Activism), suggérant un double objectif de ce cadre : « 1) le matériel d’archive utilisé comme preuve dans les campagnes militantes » et « 2) les archives qui bousculent les normes sociales en collectant et en archivant le travail de celles et ceux qui se trouvent en dehors de la société dominante ». Nos pratiques académiques encouragent aujourd’hui les étudiant·es à rencontrer les organisations, individuellement ou en groupe, en s’immergeant dans leur pratique, car « lorsque les communautés créent, sélectionnent et conservent leurs propres archives, il devient possible de construire une histoire plus complète et plus juste de la vie et des expériences de leurs membres » (Ng, 2015). Le résultat n’est pas, comme le propose Randall Jimerson (2017), que « tous les aspects de la société devraient être documentés, et pas seulement ceux où le pouvoir a traditionnellement résidé », mais que, à tout le moins, les communautés qui souhaitent documenter leur pratique en aient les occasions et les moyens. À travers cet atelier, aidez-nous à explorer des mécanismes pour un travail d’archivage porteur de sens avec nos apprenant·es.

Animé par Ray Di Marco Campbell (he/they), enseignant en développement communautaire, Université de Glasgow · ORCID